mardi 23 septembre 2014
La journée de la jupe
J'ai essayé de remonter dans le temps pour retrouver le premier souvenir que j'ai d'Albert. L’expérience n'a pas été concluante. Je ne me souviens pas de son mariage avec ma sœur qui a eu lieu en juin 1960 quand j'avais 3 ans et demi. Les photos du mariage, certes, existent mais pas ma mémoire.
Dans le temps, à une époque éloignée et floue, au bout de la petite cour ou maman plantait ses tulipes sur un mètre carré de jardin, se trouvait une porte qui donnait sur la grande cour de notre propriétaire. Cette porte n'était pas fermée à clé et il suffisait donc de tourner la poignée pour l'ouvrir. Plus tard maman et la propriétaire de notre maison se fâchèrent, je ne saurais dire pourquoi, et l’accès à cette grande cour nous fut refusé. Cette cour comportait un garage et une remise ainsi qu'un grand espace ou nous pouvions jouer. Il me semble que papa pouvait y garer la voiture.
Il est donc présent à l'appel, mon premier souvenir d'Albert. Lui et Mali dirigeait à l’époque une maison de prêt à porter pour enfants nommée merveilleusement "Dominique et Gilles". A chacune de leurs visites à Châteauroux Mali et Albert ne manquaient pas de m'apporter des vêtements issus de leur création. Aucun ne m'est resté en mémoire à l'exception d'une jupe avec des motifs de fruits et des couleurs jaune et verte.
C'est cette jupe que je porte sur la photo, celle que Albert prend de moi dans la grande cour. Je suis debout à côté d'une voiture et je prends des poses. Je relève légèrement d'une main le tissu de la jupe, je souris. Mes longs cheveux frisés sont ramassés en chignon. Il me parle.Soudain en écrivant ceci, j'ai un soupçon. Était-ce bien Albert qui m'avait photographiée?
Ne serait-ce pas plutôt ma sœur Geneviève qui avait pris de nombreuses photos de moi? Alors, dans ce cas-la, je ne sais plus pourquoi je me souviens de sa présence à ce moment précis mais je sais qu'il était là . Sa voix, très certainement , jaillissait de quelque part. Je l'entends encore un peu nasillarde, un peu sarcastique, je l'entends joyeuse ce jour là dans la cour, du temps ou nous pouvions y accéder en tournant la poignée de la porte.
Je ne sais pas ou est cette photo. Elle existe dans un album, chez quelqu'un. A l’époque ou cette photo a été prise j’étais à la maternelle. Curieusement ( ou pas) mon premier souvenir de Mali date de l’année ou j'ai appris à lire et ou elle m'a apportée le livre "Oui oui au pays des jouets". J'avais presque 6 ans. Je n'ai aucun souvenir d'elle avant ce jour-là.
Pour conclure cette rubrique mémoire ça foire, je dirai qu'Albert avait le titre de beau-frère mais le titre seulement. La mémoire flanche mais ne ment pas.
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2 commentaires:
Mon premier livre, j'en ai recu deux de mon grand-pere Shimon: La chevre de Monsieur Seguin [A. Daudet] et Oui-Oui et la gomme magique [Enid Blyton]...
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